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« Quand ta vie privée ne sera plus qu’un champ de ruines, fais-moi signe : je t’obtiendrai une promotion… »

Le Diable s’habille en Prada

La mode et ses clichés, mythiques ou véridiques ? Telle est la question. Le royaume des apparences n’a jamais caché son mépris pour les néophytes. L’arrogance des initiés, qui certes, connaissent tout le monde, mais ne reconnaissent qu’eux-mêmes. Le diable, qui s’habille en Prada, vous dira qu’il est aisé de pénétrer ce monde, sans vous dire qu’il est surtout difficile d’y rester. Pourquoi la mode, qui est avant tout une industrie sociale, un langage collectif, s’évertue-t-elle à creuser des fossés entre les gens ? Quelle interrogation ! Que nous ne tenterons pas d’élucider, mais de contrer, par la force de nos idées, de nos valeurs, de nos mots et de nos images.

Cet éditorial m’a été inspiré par une expérience personnelle. Un stage qui, malgré l’expérience recueillie, m’a fait rendre compte que mode et épanouissement professionnel n’étaient peut-être pas compatibles. Outre le fait d’octroyer aux stagiaires des tâches qu’aucun CDI ne pourrait dignement rassembler, ce sont les cernes, les rictus, les sourires inversés et le manque de formules de politesse des employés qui m’ont alerté. Je ne crierai pas au manque d’éducation, car je pense profondément que la fatigue, la pression, la peur et l’anxiété transforment certains en monstres, d’autres en robots et quelques-uns en châteaux de cartes. Me concernant, cette expérience ne m’a pas dégoûtée de l’industrie, elle m’a donné l’envie de la changer, de la rendre davantage respectueuse de l’humanité.

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